La crise institutionnelle qui secoue la Fédération guinéenne de football produit désormais des effets concrets sur les projets de développement du football national. Une mission de la FIFA, attendue à Conakry à la fin du mois de juillet 2026, a été reportée jusqu’à nouvel ordre.
Cette délégation devait procéder au lancement de deux initiatives importantes : le FIFA Talent Development Scheme, consacré à la détection et au développement des jeunes talents, ainsi que l’atelier national de restitution de l’Analyse de l’environnement du football amateur.
Initialement prévues du 28 au 31 juillet 2026, les deux activités ne pourront finalement pas se tenir selon le calendrier annoncé.
La situation institutionnelle au cœur du report
Dans un communiqué publié le 24 juillet, la Fédération guinéenne de football explique que cette décision fait suite aux échanges engagés avec la FIFA au sujet de la gouvernance actuelle de l’institution.
La FEGUIFOOT traverse une période de transition marquée par une crise administrative persistante. Dans ce contexte, l’instance internationale estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour assurer le déploiement des programmes dans un cadre institutionnel suffisamment stable.
Le communiqué, signé par le secrétaire général de la Fédération, Ibrahima Barry, précise que le report doit permettre de garantir une mise en œuvre conforme aux orientations convenues avec la FIFA.
Autrement dit, les programmes ne sont pas annulés, mais leur lancement reste suspendu à une clarification de la situation au sein de la Fédération.
Deux programmes stratégiques pour le football de base
Ce report intervient alors que les deux initiatives étaient particulièrement attendues.
Le Talent Development Scheme devait contribuer à mieux identifier les jeunes joueurs à fort potentiel, renforcer leur accompagnement et améliorer les mécanismes de formation à l’échelle nationale.
L’atelier consacré au football amateur devait, de son côté, permettre de restituer un diagnostic sur l’état du secteur, ses besoins, ses faiblesses et les réformes nécessaires pour assurer son développement.
Ces programmes représentaient donc une opportunité importante pour structurer le football à la base, professionnaliser les acteurs et créer de meilleures passerelles entre la formation, les compétitions locales et le haut niveau.
Une crise qui ralentit les réformes
Au-delà du report de la mission, cette situation met une nouvelle fois en évidence le coût des crises répétées au sein de la gouvernance du football guinéen.
Chaque blocage administratif retarde les projets, fragilise la coopération avec les partenaires internationaux et réduit les opportunités destinées aux jeunes joueurs, aux formateurs et aux structures locales.
Tant qu’une stabilité durable ne sera pas retrouvée à la FEGUIFOOT, les ambitions de réforme risquent de rester suspendues aux querelles institutionnelles.
Le football guinéen ne manque pourtant ni de talents ni de passion. Mais sans gouvernance crédible, les programmes de développement continueront d’attendre sur le banc de touche.


