L’e-sport ne se résume plus à une pratique de loisir. À l’échelle mondiale, il est devenu une industrie générant des milliards de dollars, créatrice d’emplois, d’innovations et de nouvelles opportunités pour la jeunesse. En Guinée, la Fédération Guinéenne d’E-sport (FEGESPORT) veut désormais inscrire cette dynamique au cœur des politiques publiques.
Réunie ce samedi à la Maison de la Presse de Conakry, la FEGESPORT a dressé un état des lieux de la discipline tout en réaffirmant son ambition : obtenir une reconnaissance institutionnelle qui permettrait à l’e-sport guinéen de franchir une nouvelle étape de son développement.
Face aux journalistes, le président de la fédération, Moussa Camara, est revenu sur le travail de structuration engagé depuis plusieurs années. Il a rappelé que la fédération a multiplié les initiatives, organisé des compétitions, renforcé son organisation interne et satisfait aux différentes exigences administratives dans l’espoir d’obtenir une reconnaissance officielle.
« On ne peut pas construire un écosystème durable sans un socle solide. Ce socle repose avant tout sur une histoire réelle, factuelle et bien établie, et non sur des affirmations sans fondement. »
Pour le président de la FEGESPORT, cette reconnaissance constituerait un tournant majeur. Elle permettrait non seulement de mieux structurer la discipline, mais aussi de révéler le potentiel des jeunes Guinéens évoluant dans les domaines du gaming, de l’e-sport et des métiers associés.
« Nous nous attendions à une délibération favorable. Cette étape devait permettre de faire connaître à l’Afrique et au monde le potentiel exceptionnel dont regorge la Guinée dans les domaines de l’e-sport, du gaming et des compétences numériques. »
Au-delà de la compétition, Moussa Camara défend une vision plus large de l’e-sport. Selon lui, cette filière fait désormais partie des industries culturelles et créatives les plus dynamiques, à la croisée du numérique, de la technologie, de l’innovation, de la création de contenus et de l’entrepreneuriat.
« Nous ne parlons pas seulement de jeux vidéo. Nous parlons aussi d’économie numérique, d’innovation, de recherche et développement, ainsi que d’impact social. Ce sont autant de domaines dans lesquels l’e-sport peut contribuer au développement du pays. »
La fédération met également en avant son intégration au sein de plusieurs réseaux internationaux dédiés au sport électronique. Pour ses responsables, cette ouverture offre à la Guinée une opportunité de renforcer sa présence dans les grandes instances de gouvernance du secteur, de développer des partenariats et de faciliter l’accès des talents nationaux aux compétitions et programmes internationaux.
En clôturant la conférence, Moussa Camara a lancé un appel à une meilleure prise en compte de cette industrie émergente dans les politiques publiques.
« Nous devons prendre toute notre place dans les discussions sur le développement des communautés numériques, des services innovants et de la coopération internationale. C’est ainsi que la Guinée pourra valoriser son potentiel et contribuer pleinement à l’essor mondial de l’e-sport. »
À travers cette prise de parole, la FEGESPORT souhaite repositionner le débat. Pour elle, reconnaître l’e-sport ne revient pas seulement à reconnaître une nouvelle discipline sportive ; c’est aussi investir dans une économie créative en pleine expansion, capable de générer des emplois qualifiés, d’encourager l’innovation et d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse guinéenne.


