De la gloire à la détresse : la chanteuse guinéenne, Maciré Sylla, raconte comment ses proches ont ruiné ses investissements

spot_img

Figure emblématique de la musique guinéenne et voix du célèbre titre « L’amour est sorcier », Maciré Sylla traverse une période particulièrement difficile. De retour en Guinée après quinze années d’absence, l’artiste affirme avoir découvert une réalité très éloignée des projets pour lesquels elle envoyait régulièrement de l’argent depuis la Suisse.

Dans un entretien accordé à Avenirguinee.com, elle met en cause la gestion de certains membres de sa famille, auxquels elle avait confié ses investissements.

Revenant sur son parcours et les revenus générés par sa carrière musicale, Maciré Sylla explique avoir longtemps investi en Guinée sans pouvoir contrôler directement l’utilisation des fonds envoyés : « C’est vrai, j’ai chanté et j’ai rencontré un immense succès. C’est d’ailleurs la musique qui m’a permis d’être épousée par un Suisse. Malheureusement, je n’ai pas eu un bon gestionnaire derrière moi. Tout ce que je gagnais en Europe, je l’envoyais à ma famille au pays pour réaliser des projets. Hélas, mon budget n’a pas été géré avec honnêteté. C’est pour cela que je ne veux plus repenser au passé ; ce qui est fait est fait, je veux avancer. »

Selon la chanteuse, les sommes transférées devaient notamment servir à construire et aménager une maison capable d’accueillir dignement ses enfants et ses proches lors de leurs séjours en Guinée. Mais après quinze années passées loin du pays, elle affirme n’avoir retrouvé aucune réalisation conforme aux investissements consentis.

« Aujourd’hui, ma vie a basculé d’une manière que je n’aurais jamais imaginée, surtout à cause des miens. C’est ce qui me traumatise. J’envoyais de l’argent à mes proches pour qu’ils investissent, afin que mes enfants, mes amis d’Europe et moi-même ayons un toit digne lors de nos venues. Rien n’a été fait. »

Maciré Sylla précise que son investissement immobilier remonte à plusieurs décennies. Elle affirme avoir acheté le terrain en 1985, alors que la zone était encore peu habitée, avant d’y construire une première maison grâce aux revenus de sa tournée européenne.

« En 1985, j’étais très jeune quand j’ai acheté ce terrain. C’était la brousse à l’époque. Après ma première tournée européenne, j’ai investi mes gains pour y faire bâtir la toute première maison. Si j’avais eu quelqu’un de confiance pour gérer mes biens, je ne me retrouverais pas aujourd’hui dans une chambre infestée d’insectes. C’est un état pitoyable qui me fait honte, au point que j’hésite parfois à sortir».

À travers ce témoignage, l’artiste décrit les conséquences dramatiques d’une confiance familiale qu’elle estime avoir été trahie. Celle qui a connu le succès sur les scènes guinéennes et internationales dit aujourd’hui vivre dans des conditions précaires, malgré plusieurs années de travail et d’investissements réalisés depuis l’étranger.

Interrogée sur son quotidien et sur un éventuel besoin d’assistance, la chanteuse, mère de quatre enfants et divorcée depuis quinze ans, ne dissimule pas sa détresse : « Mon frère, en me voyant simplement, vous comprenez tout de suite que j’ai besoin d’aide. Non seulement pour subvenir à mes besoins vitaux, mais aussi pour achever mes travaux. L’argent de poche que j’avais apporté a été englouti dans le chantier dès que j’ai constaté l’ampleur des dégâts. Depuis ma séparation avec mon mari, ma vie a pris un virage difficile en Europe. C’est pour cela que j’ai jugé nécessaire de revenir voir mes réalisations après 15 ans d’absence. Ce que j’ai trouvé ici, causé par ma propre famille, me plonge dans un regret profond».

Les déclarations de Maciré Sylla dressent ainsi le portrait douloureux d’une gloire de la musique guinéenne qui affirme avoir consacré ses revenus à préparer son avenir, avant de se retrouver fragilisée par la gestion de ses propres proches. À ce stade, les membres de la famille mis en cause n’ont pas publiquement livré leur version des faits.

Pour information, en début de semaine, Maciré Sylla avait été reçue par le ministre guinéen de la Culture, Moussa Moise Sylla. Toutefois, aucune information officielle n’a, pour le moment, filtré sur le contenu de cette rencontre ni sur les éventuelles mesures envisagées pour accompagner l’artiste.

spot_img
spot_img

Derniers articles

Articles connexes

spot_img