Sacrée Miss Africa Golden Guinée 2026, Tété Matty Fofana, étudiante en logistique et transport, s’apprête à porter les couleurs guinéennes sur la scène internationale.
Derrière la couronne se dessinent un parcours, une personnalité et des ambitions qu’elle souhaite mettre au service d’une représentation positive de la femme guinéenne.
Dans cet entretien accordé à CAURI.INFO, la lauréate revient sur son sacre, les exigences de la compétition et le projet qu’elle entend défendre durant son mandat.
Lisez !
CAURI.INFO : Quelques semaines après votre sacre, avez-vous pleinement réalisé que vous êtes désormais Miss Africa Golden Guinée 2026 ? Que représente cette couronne pour vous ?
Tété Matty Fofana : Oui, je commence progressivement à réaliser ce que représente ce titre. Au-delà de la joie, je ressens surtout une immense responsabilité. Cette couronne n’est pas seulement une récompense personnelle, elle symbolise la confiance que l’on m’a accordée pour représenter la jeunesse et la femme guinéenne, mais aussi pour porter une cause qui me tient profondément à cœur. Elle est le symbole de l’engagement, du travail, de la résilience et de l’espoir.
Qui est Tété Matty Fofana en dehors des podiums, des projecteurs et des concours de beauté ?
Je suis avant tout une jeune femme simple, attachée à sa famille, à ses valeurs et à sa foi. Je suis quelqu’un qui aime apprendre, écouter les autres et se rendre utile. Mon histoire familiale, notamment celle de mon petit frère, qui vit avec l’épilepsie et un handicap mental, a forgé ma personnalité. Elle m’a appris la patience, l’empathie et l’importance de défendre ceux dont la voix est parfois peu entendue.
Qu’est-ce qui vous a poussée à participer à Miss Africa Golden Guinée et quel regard portiez-vous sur ce concours avant d’y prendre part ?
J’ai participé à ce concours parce que j’y ai vu une véritable plateforme d’impact. Je voulais montrer qu’une Miss peut être bien plus qu’un visage. Elle peut être une porte-parole, une source d’inspiration et une actrice du changement. Avant d’y participer, je considérais déjà ce concours comme une occasion de valoriser l’intelligence, l’engagement social et le leadership féminin.
Comment vous êtes-vous préparée à la compétition ?
Ma préparation a été complète. J’ai travaillé mon éloquence, ma culture générale, ma confiance en moi et ma gestion du stress. Bien sûr, je me suis également préparée physiquement, mais je suis convaincue que la plus grande préparation est mentale. Je voulais être capable de défendre mes idées avec sincérité et conviction.
Selon vous, qu’est-ce qui a fait la différence et convaincu le jury ?
Je pense que c’est l’authenticité de mon parcours et de mon projet social. Je ne racontais pas une histoire pour convaincre, je partageais une réalité que je vis chaque jour à travers mon petit frère. J’ai parlé avec mon cœur, tout en restant claire, préparée et déterminée. Mon éloquence a certainement permis de transmettre cette émotion avec force.
Les concours de beauté sont parfois accusés de privilégier l’apparence. Quelle définition donnez-vous aujourd’hui de la beauté et du rôle d’une Miss africaine ?
Pour moi, la beauté est un équilibre entre l’apparence, l’intelligence, les valeurs et l’engagement. Une Miss africaine doit être une ambassadrice de sa culture, une femme capable d’inspirer, de défendre des causes et de contribuer positivement au développement de sa société. La véritable beauté se mesure aussi à l’impact que l’on laisse dans la vie des autres.
Quelle cause ou quel projet souhaitez-vous défendre pendant votre mandat ?
Ma priorité est la sensibilisation à l’épilepsie et au handicap mental. Je souhaite lutter contre les préjugés, informer les familles, encourager une meilleure inclusion et rappeler que les personnes vivant avec ces réalités méritent les mêmes droits, les mêmes chances et le même respect. Mon ambition est également de mobiliser des partenaires afin de soutenir concrètement les familles concernées.
Vous devrez représenter la Guinée à l’international. Quelle image souhaitez-vous faire découvrir au monde ?
Je veux montrer une Guinée riche de sa diversité culturelle, de ses talents, de sa jeunesse ambitieuse et de ses femmes fortes. La femme guinéenne est courageuse, entreprenante, résiliente et profondément attachée à ses valeurs. Je souhaite également mettre en lumière notre patrimoine culturel, nos traditions et notre hospitalité.
Comment comptez-vous intégrer la mode, l’artisanat, les langues ou les traditions guinéennes à vos apparitions ?
Je souhaite porter des créations de stylistes guinéens, valoriser les tissus locaux, promouvoir notre artisanat et, lorsque l’occasion se présentera, utiliser quelques expressions dans nos langues nationales afin de faire rayonner notre identité culturelle. Chaque apparition sera une occasion de raconter un peu de la Guinée.
Comment vous préparez-vous à gérer l’exposition médiatique et les réseaux sociaux ?
Je compte rester fidèle à mes valeurs. Les critiques font partie de toute exposition publique, mais je préfère me concentrer sur les messages constructifs. Je souhaite utiliser les réseaux sociaux comme des outils de sensibilisation, d’éducation et de partage d’expériences positives, tout en gardant un équilibre entre ma vie publique et ma vie privée.
Quel accompagnement attendez-vous du comité, des institutions, des entreprises et du public ?
La réussite d’une représentante nationale est un travail collectif. J’espère bénéficier d’un accompagnement en matière de préparation, de communication et de visibilité. J’encourage également les entreprises et les institutions à investir davantage dans les initiatives qui valorisent la jeunesse et la représentation de la Guinée. Quant au public, son soutien et ses encouragements seront une véritable force.
Au-delà du classement final, qu’est-ce qui fera de votre participation internationale une réussite ?
Pour moi, la réussite ne se limitera pas à un classement. Si je parviens à représenter dignement la Guinée, à faire entendre ma voix, à défendre ma cause avec conviction et à inspirer d’autres jeunes femmes africaines, alors j’aurai déjà accompli une mission essentielle.
Quel message adressez-vous aux jeunes Guinéennes qui doutent encore de leur potentiel ?
Je leur dirais de croire en elles, même lorsque personne d’autre ne le fait. Les rêves deviennent possibles lorsqu’on travaille avec détermination et qu’on reste fidèle à ses valeurs. N’ayez pas peur de votre différence : elle peut devenir votre plus grande force. J’en suis aujourd’hui la preuve.
Lorsque votre mandat prendra fin, quelle réalisation aimeriez-vous laisser ?
J’aimerais que l’on se souvienne de moi non seulement comme de Miss Africa Golden Guinée 2026, mais aussi comme d’une jeune femme qui a utilisé sa couronne pour faire évoluer les regards sur l’épilepsie et le handicap mental. Si je peux contribuer à améliorer la vie de quelques familles, sensibiliser la société et ouvrir des portes à ceux qui sont souvent oubliés, alors mon mandat aura un véritable sens.
Alpha Camara pour CAURI.INFO, le média des cultures et des richesses créatives


