Le rappeur guinéen AK donnera son premier concert parisien, en tête d’affiche, le 30 octobre 2026 à La Place, centre culturel hip-hop installé sous la Canopée des Halles. Après plusieurs apparitions en France, au Canada et aux États-Unis, l’artiste entend faire de cette date une nouvelle étape dans son ascension, mais aussi une vitrine de la musique urbaine guinéenne.
Présenté par Street Brothers, le concert se tiendra de 19h30 à 23 heures. La billetterie annonce des places à partir de 30 euros. L’événement est également référencé par le site officiel de la Ville de Paris, qui décrit AK comme un artiste à la signature hybride, située « à la croisée du rap, de l’afro-urbain et des rythmes contemporains ».
De Kamsar aux scènes internationales
Derrière le nom AK se trouve Alpha Keita, un artiste originaire de Guinée dont l’univers s’est construit entre héritage mandingue, culture urbaine, mélodies afro et codes du rap francophone.
Son itinéraire prend une dimension plus visible en 2021 avec la série de freestyles Alpha Beth. Le deuxième épisode attire notamment l’attention de RFI, qui l’intègre à sa sélection du « Hit des platines ». Cette exposition confirme ce que ses premières productions laissaient déjà entrevoir, AK ne se limite pas à une seule école. Il peut rapper, chanter, jouer avec les registres mélodiques et convoquer des références guinéennes sans renoncer aux sonorités contemporaines.
Cette polyvalence s’est ensuite exprimée dans des titres comme La Petite, Tèmè avec King Alasko, Mauvais Garçons avec Sensey’, Mah Foulé ou encore Comment, enregistré avec le chanteur sénégalais Wally B. Seck.
À travers ces collaborations, AK construit un pont entre plusieurs espaces notamment le rap guinéen, les musiques populaires d’Afrique de l’Ouest et une scène afro-francophone de plus en plus décloisonnée. Son identité ne consiste donc pas à choisir entre rap et musique guinéenne. Elle repose précisément sur la rencontre des deux.
Du Bataclan à l’Amérique du Nord
AK a déjà foulé plusieurs scènes françaises, notamment le Bataclan en juillet 2022, où il figurait parmi les artistes invités au concert de Djanii Alfa. Cette soirée avait donné une première visibilité parisienne à une génération de rappeurs guinéens venus défendre leur musique dans une salle emblématique.
Mais l’année 2026 marque une accélération dans son parcours scénique. Après un concert annoncé à Boké, sa région natale, lors de la Foire de Boké, l’artiste a poursuivi son chemin en Amérique du Nord. On note son passage à Montréal, puis une date à New York le 30 mai, avant une nouvelle étape annoncée à Atlanta en juin.
En juillet, il a également rejoint Montréal dans le cadre des célébrations liées à la 40e édition du Festival international Nuits d’Afrique, rendez-vous majeur des musiques africaines et des diasporas en Amérique du Nord.
Ces déplacements ne constituent pas encore une tournée mondiale au sens industriel du terme, avec des dizaines de salles enchaînées sur plusieurs continents. Ils dessinent cependant une circulation internationale réelle entre la Guinée, la France, le Canada et les États-Unis. Une géographie cohérente avec son positionnement, entre ancrage guinéen et ambition francophone.
Le concert du 30 octobre arrive donc à un moment charnière. Il ne lance pas son aventure hors de Guinée, mais doit lui permettre de transformer plusieurs apparitions internationales en un spectacle entièrement porté par son nom, son répertoire et sa vision.
La Place, bien plus qu’une salle de concert
Le choix de La Place donne une portée particulière à cette date.
Créé en 2016 au cœur de Paris, sous la Canopée des Halles, l’établissement se définit comme un centre culturel et d’expression consacré au hip-hop. Sa mission ne se limite pas à accueillir des concerts; La Place intervient également dans la diffusion, la transmission, la création et l’accompagnement professionnel des artistes.
Le lieu embrasse toutes les disciplines du mouvement notamment le rap, la danse, le DJing, le beatbox, le graffiti et l’audiovisuel. Il comprend notamment une salle de concert de 400 places debout, un studio de diffusion, un studio d’enregistrement, un home studio, un espace vidéo et plusieurs salles de pratique. La Place, Ville de Paris
Le concert d’AK interviendra d’ailleurs quelques semaines après les célébrations du dixième anniversaire de l’établissement. Dans ce contexte, l’arrivée d’un rappeur guinéen dans sa programmation illustre aussi la dimension internationale du hip-hop contemporain; celle d’une culture capable de relier Kamsar, Conakry, Montréal, New York et Paris sans obliger les artistes à effacer leurs racines.
Une occasion de montrer la nouvelle vitalité du rap guinéen
Ce rendez-vous dépasse ainsi la seule trajectoire d’AK. Il offre une nouvelle fenêtre à une scène guinéenne longtemps restée moins visible à l’international que celles du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire ou du Nigeria.
Pourtant, le rap guinéen possède ses propres voix, ses langues, ses récits et ses esthétiques. Une génération d’artistes travaille aujourd’hui à faire circuler cette créativité au-delà du marché national. AK appartient à ce mouvement, avec une proposition capable d’associer le français, les références locales, les mélodies ouest-africaines et l’énergie du rap contemporain.
La réussite de ce concert dépendra naturellement de sa capacité à mobiliser le public parisien et la diaspora, mais aussi à proposer un véritable spectacle basé sur une direction musicale, une scénographie, la narration, les invités et la présence scénique.
Le 30 octobre, AK4SEVEN ne viendra donc pas uniquement défendre une succession de morceaux. Il portera avec lui une identité, une génération et une musique guinéenne prête à occuper enfin toute la place qui lui revient.
Alpha Camara pour CAURI.INFO, le média des cultures et des richesses créatives


